Libreville le 05-02-2012
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Le Français (Langue officielle)

Paradoxalement, c'est depuis l'indépendance que le français s'est vraiment répandu parmi la population gabonaise. D'une part, c'est la seule langue officielle du pays, la langue de l'école et de l'administration. D'autre part, son usage permet de résoudre un problème réel dans un pays où l'on parle plusieurs dizaines de langues : celui de la communication entre les hommes. C'est parce qu'il permettait aux Gabonais de parler entre eux sans avoir à choisir une langue locale au détriment des autres que le français a été adopté.

Cela ne va pas sans poser de problème culturel. En effet, en trois générations, les choses ont bien changé. La première génération parlait parfaitement sa langue natale et maniait tant bien que mal le français. La deuxième génération se débrouillait bien dans les deux langues. Arrive aujourd'hui une troisième génération qui maîtrise mieux le français que sa langue maternelle. C'est pour limiter ce problème que certains parents exigent de leurs enfants qu'ils parlent en langue à la maison et n'utilisent le français qu'à l'école. Le phénomène de recul des langues traditionnelles est plus marqué à Libreville qu'en province parce que dans cette grande ville toutes les ethnies du Gabon se retrouvent avec d'ailleurs bien des immigrés d'Afrique francophone notamment. Tout naturellement se forment des familles mixtes d'un point de vue ethnique pour lesquelles il semble plus simple d'utiliser le français avec les enfants.

Parce que le français du Gabon est une langue vivante qui répond aux besoins des Gabonais, il contient une foule d'expressions locales, issues de la déformation d'expressions françaises ou bien traduites à partir de telle ou telle langue gabonaise et correspondant à une réalité locale. Cela contribue à donner au français parlé au Gabon un caractère propre comme il peut en avoir dans d'autres pays francophones.

Quelques expressions gabonaises

  • Aller à moutouki : aller acheter des vêtements à la friperie
  • Avoir la bouche : avoir la langue bien pendue, beaucoup critiquer
  • Avoir la mine attachée : être de mauvaise humeur
  • Manger quelqu'un en vampire : faire du tort à quelqu'un par sorcellerie, en détruisant sa force vitale
  • Cabiner : faire ses besoins
  • Se mirer : se regarder dans un miroir

    Deux exclamations répandues chez les Fangs :

  • Akié ! marque l'étonnement
  • Atare-Zâme ! = Mon Dieu !

    Le peuple gabonais s'est forgé depuis l'indépendance, en 1960, une culture propre qui n'est ni la culture traditionnelle des différentes ethnies qui le composent, ni la culture occidentale moderne. C'est une culture en mouvement, un mélange de diversité et de traits communs, faisant cohabiter les croyances et les pratiques les plus diverses. Par exemple, telle ménagère qui écrase son manioc au pilon dans un mortier, comme on le fait depuis des siècles, peut être interrompue dans son travail par la sonnerie de son téléphone portable. Ou bien encore, tel bon chrétien, à peine sorti de la messe, peut évoquer une histoire de sorcellerie pour expliquer la mort d'un parent.

    Avant la colonisation, les peuples du Gabon partageaient des croyances animistes caractérisées par des mythes et des rites variés mais ayant comme points communs le culte des ancêtres, dont l'esprit pouvait toujours influer sur l'existence des vivants, et le recours aux fétiches. Il y eut, à partir du XIXè siècle, une véritable compétition entre missionnaires catholiques et protestants pour évangéliser les Gabonais. En pratique, beaucoup de gens associent aujourd'hui une foi chrétienne à d'anciennes croyances autochtones.


    Le fleuve Ogooué

    Ogooué est le nom d'un fleuve du Gabon, d’une longueur de 1200 km, qui prend sa source dans les Monts Ntalé, à une altitude de 840 mètres. L’Ogooué se jette dans l’océan Atlantique par un delta marécageux au sud de Port-Gentil après avoir suivi un cours principalement d'Est en Ouest.

    Affluents de la rive droite :

  • Mpassa (longueur : 136 km)
  • Lékoni (longueur : 160 km
  • Sébé (longueur : 232 km)
  • Lassio (longueur : 160 km
  • Ivindo
  • Okano
  • Abanga (longueur : 160 km)

    Affluents de la rive gauche :

  • Leyou (longueur : 90 km)
  • Lolo (longueur : 240 km)
  • Offoué (longueur : 170 km)
  • Ngounié

    Pendant des siècles, ce fleuve a été le grand et unique boulevard permettant depuis l'Océan d'atteindre le pays Batéké. Encore ne s'agissait-il pas d'une promenade de tout repos : des rapides, particulièrement dans sa zone centrale, avaient vite fait d'exclure les piroguiers inexpérimentés... à supposer qu'ils aient réussi à franchir les différents "octrois" organisés le long du fleuve par les ethnies riveraines.

     

    Bien qu'il ait perdu son monopole exclusif d'autoroute liquide, l'Ogooué est toujours traité en seigneur, et son importance est soulignée par le fait qu'il a donné son nom à 5 des 9 provinces gabonaises ( Haut-Ogooué, Moyen Ogooué, Ogooué Ivindo, Ogooué Lolo, Ogooué Maritime).

    En partant du sud, sa rive droite reçoit d'abord à Franceville la Mpassa, célèbre pour son pont de lianes, déjà admiré par Savorgnan de Brazza, puis la lékoni, avant Lastoursville. Dans la courbe que dessine le fleuve avant Booué, voici l'Ivindo, dont le cours, tantôt navigable, tantôt cascadant et cascadeur vient du nord, et il faut être Okandè pour parfois se mesurer à l’Ivindo.

    Un peu plus loin, l'Okano, qui descend lui aussi du nord, suscite sur les bords de son cours inférieur, navigable, un chapelet de petites villes.

    Enfin l'Abanga vient apporter un dernier concours au fleuve avant que celui-ci, qui ne sait plus que faire de ses eaux, ne se disperse en multiple bras, ne remplisse des lacs, n'émiette les terres dans toutes les directions et ne finisse par se jeter dans l'Océan Atlantique en étreignant à l'ultime seconde l'île de Mandji, avec Port-Gentil.

    Sur la rive gauche, voici la Lolo, né dans les massifs du Chaillu, tout comme l'Offoué qui borde la réserve de la Lopé et rejoint l'Ogooué un peu avant Booué, tout comme la Ngounié, qui décrit une courbe vers l'ouest avant de remonter vers le nord ouest et de rencontrer le fleuve en amont de Lambaréné.

    Avec ses affluents et les affluents des ses affluents, l'Ogooué s'immisce partout, sauf dans 4 provinces : l'Estuaire,la Ngounié, la Nyanga et le Woleu-Ntem.

    L’autre grand fleuve est le Komo qui serpente dans la province de l’Estuaire et se jette dans l’océan Atlantique au large de Libreville.

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