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Tout le monde se demande pourquoi après tant d’années, nous ne sommes pas sur la rampe de développement. D’aucuns diront que le pays a ‘’quand même évolué’’. Certes, mais comparativement aux autres pays alignés sur le même starting block, et considérant les potentialités en ressources humaines et minières…il faut avouer que ‘’nous avons avancé’’ et ce, à pas de caméléon.
Ce qui veut dire que la route vers le développement véritable est encore longue. Pourquoi sommes-nous en queue de peloton malgré les richesses dont nous disposons ? En tout domaine d’activité, la réussite est le fruit d’un travail bien structuré, pensé et ordonné.
Au Gabon, nous travaillons, c’est vrai, mais chacun dans sa direction et sans directive aucune. Dans ce contexte, c’est du ressort de l’Etat, tel un chef d’orchestre, de donner le tempo en donnant à tous les musiciens (les composantes de la société) les directives de la partition à jouer. Ainsi sortira des instruments une musique agréable à l’oreille.
C’est ce que doit être le développement, pas cette anarchie que nous connaissons : nous construisons des écoles alors que nous n’avons pas de vrais enseignants ; nous recrutons dans la Fonction publique et nous n’avons pas assez de postes budgétaires, nous parlons d’urbanisation, nous n’avons aucun plan sous la main. Et l’expertise de tout cela, l’avons-nous ? Qui avons-nous recruté dans la Fonction publique ? Vraiment une ressource humaine de qualité ?
Il y a dans ce monde des pays qui n’ont pas ce que nous avons et aux heures de nos indépendances, ils croulaient encore sous les décombres des guerres civiles, émeutes raciales, occupation étrangère. Mais de nos jours, leur développement a fait un pas de géant et rivalisent même avec les géants de ce monde. Pour que nous ayons en fait une vue juste de nos manquements, mettons notre Gabon d’abord sur une balance avec un pays comme Singapour. Ce pays ne connait son indépendance qu’en 1965 après avoir traversé beaucoup de crises.
Après le départ des Anglais, le premier problème que va connaître ce territoire, c’est le chômage. Des mesures appropriées ont été prises pour guérir cette plaie : l’Etat a investi dans l’industrialisation du pays offrant ainsi des emplois à sa population. Ceci a inéluctablement conduit au développement d’industries et de hautes technologies. Comme énoncé précédemment, c’est l’Etat qui doit décider des secteurs d’activités prioritaires. Ainsi, les ports ont été construits et le processus de développement amorcé.
Le choix du secteur portuaire n’était pas fortuit. Ils ont perçu l’importance de cet investissement car ce port est la charnière entre l’Orient et l’Occident, donc un carrefour. Ce qui fait de ce pays une plaque tournante du commerce international. Considérant les atouts économiques de Singapour et les paramètres qui lui ont permis de sortir la tête de l’eau, pourquoi n’arrivons-nous pas à décoller ? Il semble qu’il manque, de manière générale, une volonté collective. Car il est difficile à expliquer que tout stagne chez nous.
Quand l’envie nous prend de vouloir faire quelque chose, on s’arrête aux premières pierres ou, avec un peu de témérité, on s’arrête au cheval blanc. Sinon nous faisons autre chose ressemblant à ce qui doit être fait sans se soucier de demain. En construisant des écoles, tout le monde oublie que la zone peut connaître un développement, ce qui grossira le nombre d’élèves.
Ainsi, 10 ans seulement après l’ouverture d’une école, celle-ci connaît déjà la maladie des effectifs pléthoriques; des routes qui sont construites sans se soucier du trafic à venir ; des bâtiments à usage administratif ou domestique sont érigés sans respect des normes. Donc, on ne prend pas en compte l’avenir. Deux ans après une inauguration en grande pompe, fissures, éboulements, plomberie… Ce qui veut dire qu’il va falloir recommencer.
Dans les pays qui se respectent, ils ont des routes millénaires, des écoles centenaires, des ports septuagénaires qui ne sont pas prêts à être atteints par l’usure du temps. Nous les Gabonais aimons visiter les pays des autres.
Mais pourquoi n’essayons-nous pas de ‘’copier’’ ce que nous voyons de bien chez les autres ? Un temps soit peu, ayons honte de nous-mêmes pour que le souci et la volonté de tirer le pays vers le haut nous habitent.
Pour terminer, quelque soit notre obédience politique, la passion du Gabon nous recommande de se préoccuper du développement de ce pays. Le chef de l’Etat nous offre l’Emergence, il a exprimé toute la bonne volonté, il a indiqué la voie à suivre. Qui peut alors refuser l’amélioration des conditions de vie de son pays ? Raison pour laquelle, je crois, fermement, que le développement que nous appelons tous de tous nos vœux devra être un mouvement d’ensemble. Soutenons le Président de la République pour nous aider à bâtir une Nation forte.
ADM
01/02/2010 |