Conditions de travail en entreprise : Que fait réellement l’Inspection du travail ?

09-12-2019

Les droits des travailleurs sont de plus en plus bafoués dans nombre d’entreprises installées au Gabon. Entre non-déclaration à la CNSS et  l’absence de suivie  médicale, s’ajoute à présent la violence physique enregistrée la semaine dernière à la Zone économique à régime privilégié (Zerp) de Nkok. 

Depuis belle  lurette, des rumeurs sur les mauvaises conditions de travail des employés des entreprises implantées au Gabon sont propagées ici et là sans amélioration aucune. Pis, cela ne fait l’objet d’aucune  sanction ni  de rappel à l’ordre de ces indélicats.

D’aucuns se plaignent toujours du non-respect du Code de travail, de la non-déclaration des travailleurs à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) afin de leur permettre d’assurer leur retraite, du manque d’équipements de protection surtout pour les métiers du bois, de  la restauration, etc. 

S’agissant de la rémunération, certains employés se retrouvent avec des salaires morbides tels que 70, 80 mille francs CFA par mois ou encore payés selon les humeurs de l’employeur qu’il soit  gabonais ou expatrié.
Les contrats sont parfois signés avec une durée déterminée et sont renouvelés soit chaque mois soit tous les trois mois. Impossible pour ces employés de se  projeter dans leur avenir, notamment la  retraite.

À ce jour, la Zone économique à régime privilégié (Zerp) de Nkok, regroupant aujourd’hui plus de 72 opérateurs économiques internationaux, est pointée du doigt. Au-delà des plaintes suscitées, s’ajoute à présent celle de la violence physique.

En effet, dans un communiqué de presse datant du mercredi 4 décembre dernier, l’Autorité administrative de la Zerp de Nkok, Igor Nyambie Simard, a dénoncé un fait inédit. Il s’agit du superviseur chinois, Gu Nianfeng, de la Société Avic International, qui a violenté son ouvrier de nationalité camerounaise, Ambe Victor, l’entrainant ainsi à un arrêt de travail de 21 jours.

Suite à cette situation, l’Autorité administrative de la Zerp de Nkok, Igor Nyambie Simard, a diligenté une enquête puis exigé le licenciement du superviseur chinois incriminé, bien que la démarche eût déjà été, dit-on, entamée en interne par Avic international.

Si cette réaction de l’Autorité de la Zerp est louable, l’on s’interroge néanmoins sur le rôle de celle-ci et de l’Inspection du travail face aux conditions de travail précaires dont font face certains employés des entreprises. 

La  majorité des entreprises faisant exerçant dans le bois, laissent certains employés travailler sans aucune protection et  ne sont guère déclarés à la CNSS, ont-ils fait savoir.  Hormis les campagnes de sensibilisation sur le respect de la réglementation en vigueur et les conditions de travail, l’Inspection du travail ne se fait pas ressentir sur le terrain. Cette direction devrait de plus en plus effectuer des contrôles de terrain afin de soit rappeler à l’ordre ces entreprises, soit  fixer des amendes. 

Si l’on souhaite réellement faire du Gabon «Un précurseur de certaines réalités du travail au sud du Sahara non encore encadrées», comme l’avait indiqué l’ancien ministre du Travail, Simon Ntoutoume Emane, en avril 2015, lors de la remise des conclusions du projet du nouveau Code du travail, l’on devrait d’abord veiller à faire appliquer les éléments basiques des conditions de travail. Il s’agit, entre autres, des cotisations à la CNSS, de la prise de conscience des risques professionnels et les prévenir, des dangers auxquels sont exposés quotidiennement les employés ainsi que les déclarations d’accident de travail.

Tenant compte uniquement des chiffres de la ZES de Nkok, depuis sa création en 2012, c'est près de 4 500 employés Gabonais qui y travaillent actuellement pour une retraite incertaine.

Florine Angue
 

 

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