Pizolub : Sauver « un fleuron national » de la faillite 

07-08-2020

Dirigeants et actionnaires de la Société Pizo de formulation de lubrifiant (Pizo SA) ainsi que les marketeurs se sont retrouvés mardi autour du ministre du Pétrole, du Gaz et des mines, Vincent De Paul Massassa. Objectif : sauver l’entreprise de la faillite. 

  

Production à l’arrêt, trois mois de salaires impayés, Pizolub qui croule sous le poids des dettes des fournisseurs voit régulièrement ses comptes saisis. C’est le cas actuellement avec Orabank et l’entreprise est au bord du gouffre ! 

« Nous avons obligation de trouver une solution car c’est un outil stratégique que nous ne pouvons pas nous permettre de voir sombrer », a déclaré le ministre du Pétrole, Vincent de Paul massassa fixant le cap lors d’une rencontre qui a donc permis aux parties d’examiner les questions techniques, managériales et surtout financières de l’entreprise. 

Pizolub détenu à 52,83% par l’Etat gabonais, 28,15% par Vivo Energy Gabon, 10,28% par Total Gabon, représenté par Total Marketing et à 8,72% par Ola Energy Gabon, traine des déficits depuis près de 10 ans et est à bout de souffle, malgré quelques atouts. 

L’entreprise dispose déjà de 4 000 Tonnes d’huile de base livrés par la principale raffinerie portugaise. Elle peut aussi se targuer de disposer de 58 produits certifiés par Chevron Oronite Company LLC (COC) une operating company du groupe pétrolier américain et Chevron et un des leaders mondiaux dans le développement, la production et la commercialisation d’intermédiaires chimiques et d’additifs de performance pour huiles lubrifiantes et pour carburants. Les produits Pizolub vendables de par le monde disposent aussi des agréments Cémac et Zlecaf. 

Mais la boîte qui a procédé à la première mise en fûts des huiles pour automobiles et moteurs industriels fabriqués au Gabon le 20 août 2019 a des grains de sable dans l’engrenage. Au plan technique, l’entreprise doit mettre à niveau son laboratoire pour être au top selon un audit de Total et de Vivo Energy. 

Dans un secteur des lubrifiants aujourd’hui très libéralisé l’entreprise ne bénéficie pas de la préférence nationale, les marketeurs actionnaires de Pizolub ne vendent pas non plus leur propre produit. Pis, l’entreprise qui n’est pas considéré d’un point de vue légal comme une compagnie pétrolière ne bénéficie pas des exonérations douanières et fiscales. 

Malgré cette situation accablante, le directeur général Guy Christian Mavioga reste optimiste, quoique conscient que les résultats obtenus à ce jour ne suffisent pas encore pour relancer durablement les activités de production. Il a de ce fait exprimé au ministre du pétrole et aux actionnaires les besoins pressants de l’entreprise. 2 100 839 896 de francs CFA, c’est la somme qu’il faut à Pizolub pour relancer sa machine de production, dont 1 550 839 896 de francs CFA pour les intrants, 330 000 000 de francs CFA des salaires impayés, le reste comptant pour la garantie de deux mois de salaire après la reprise. 

Lors du récent conseil d’administration, la Direction générale aurait obtenu l’accompagnement des actionnaires, notamment des marketeurs pour la vente des huiles Pizolub et pas seulement. 

Pizolub peut aussi compter sur Gab’Oil, les futures stations-services de la Gabon Oil Company, mais aussi sur le privé Pétro Gabon présent partout dans le pays. Deux entreprises dont les dirigeants ont pris part à la réunion de sauvetage. 

En plus de l’accompagnement des actionnaires et le coup de pouce des marketeurs, la direction générale doit aussi et avant tout accorder ses violons avec ses employés. Ils lui font le procès d’un management qu’ils jugent peu orthodoxe. Mais le manager qui s’en défend, semble avoir des circonstances atténuantes. 

« Pizolub n’est pas la seule entreprise qui a des problèmes. Nous sommes là pour la sauver », a déclaré le président du Conseil d’administration (PCA), Fabien Ombouma. Pour lui aussi, «il n’est pas question que Pizolub ferme ses portes », une des priorités étant la sauvegarde des emplois dans un secteur déjà sinistré. 

La balle est donc dans le camp du gouvernement et des actionnaires qui ont choisi de sauver « un fleuron national. »   

Pendant ce temps, à Port-Gentil, la colère des travailleurs gronde. Ils ont déposé le 5 août un préavis de grève, courant jusqu’au 11 août, via l’Organisation national des employés du secteur pétrole (ONEP), la puissante centrale syndicale.  

  

Louis-Philippe MBADINGA 
 

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