Mouila: La statuette de «Mugumi» de nouveau profanée

22-05-2020

«Mugumi», symbole culturel incarnant la  beauté de la femme dans la ville de Mouila, chef-lieu de la province de la Ngounié (Sud du Gabon),  a de nouveau été profané. La stèle située au centre-ville, a été  arrachée et mise au sol dimanche matin, par un compatriote considéré comme forcené, après avoir tenté de la brûler à l’aide d’un feu de bois dressé devant elle.

Pas de chance pour cette statuette taillée sur bois dur vernis, de plus d’un mètre de  hauteur.  Dimanche dernier,  au petit matin, une nouvelle a parcouru la ville de bouche à oreille ainsi qu’à travers les réseaux sociaux que la sirène «Mugumi» a été encore décapée, arrachée et mise au sol.  «Poussant  son vice, l’auteur de cet acte a mis un feu de bois dans l’intention d’incendier sa victime sans parole, on parle d’un débile mental», a-t-on appris.

La statuette a subi ses premiers dégâts en novembre 2019, orchestrés, estime certaines langues, par  le même individu. Avec prélèvements de certaines parties du ’’corps’’: bouche, yeux, front, nez, seins, oreilles, bout de la nageoire.

Les nouvelles coupures ont été faites avec acharnement, et la stèle de la  sirène située  entre l’Hôtel de ville et la direction provinciale de la Culture, est  actuellement à l’abri. «Pourquoi tant de méchanceté envers  cette œuvre  d’art ?», s’interrogent certains riverains. Bon nombre des habitants de la ville pensent que la destruction de ce bien, «est une atteinte à l’ordre public» et cette répétition de fait constitue un acte  incivique.

«S’il est avéré que le présumé coupable a été interpellé par les éléments des Forces de l’ordre, c’est à quelle fin?», a réagi un notable, qui n’exclut pas une main invisible politique semant le trouble au niveau des clans.  Tout en lui rendant hommage, il a regretté l’absence de feu Nzaou Dikakou, cet autre notable qui avait pour vocation l’entretien de cette déesse.

Ce dernier  servait de courroie de transmission entre cette statuette  et le clan Dibur-Simbou, ainsi que tant d’autres (également totem d’autorité du peuple Punu). Selon ses usages, Nzaou Dikakou communiquait seul avec le monde des eaux et traduisait aux humains ce qui advenait de la continuité de la vie sociétale de Mouila. Enquêtes et plaintes sont attendues avant que ne suivent des malédictions, prédit le notable.
 
La statuette de «Mugumi» a été créée en Août 1964, par un sculpteur gabonais du nom de  P. Nzengui, pour symboliser la beauté de la femme dans la ville jadis appelée après les indépendances  «Mouila Mangondo». Le choix de ce nom se justifiait par son célèbre cimetière ’’Mangondo’’, situé en pleine ville, arborant à l’arrière plan une forêt impénétrable par quiconque  n’étant pas du clan Dibur-Simbou.  Au fil des temps, les considérations sociétales ont changé et les gens y ont même construits.

JPM
    

 

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