Liberté de la presse: Le Gabon poursuit sa chute en perdant six  places

21-04-2020

Le Gabon est classé cette année à la 121ème place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse publié par l’ONG reporters sans frontières (RSF), perdant ainsi six places et le leadership dans la sous-région Afrique centrale, après avoir occupé le 115ème rang en 2019.  

Dans la sous-région d’Afrique centrale, le Gabon vient en deuxième position devant le Congo-Brazzaville qui prend la première place.  

Deux raisons justifie cette dégringolade. Il s’agit premièrement des  sanctions jugées arbitraires de la Haute autorité de la communication envers les médias critiques vis-à-vis du pouvoir d'Ali Bongo Ondimba.

«L'inquiétante érosion de la liberté de la presse, notamment observée depuis l'entrée en fonction de la Haute autorité de la communication (HAC) en 2018, se poursuit et affecte dangereusement l'exercice du journalisme au Gabon. Les médias et les journalistes publiant des articles critiquant le président, son entourage ou des proches du pouvoir font l'objet de suspensions qui n'ont d'autre but que de protéger les intérêts du régime», indique le rapport de RSF précisant que «l'organe de régulation est allé jusqu'à suspendre un journal qui dénonçait justement le caractère arbitraire de ces sanctions systématiques»

Une situation qui selon l'ONG basée en France précarise les médias privés.

«Loin de favoriser l'émergence d'une presse responsable et de qualité, cette politique contribue à asphyxier la presse indépendante et à renforcer l'autocensure concernant les sujets sensibles. La multiplication de ces sanctions par la HAC, désormais surnommée «la hache» par une partie de la presse gabonaise, s'inscrit dans un contexte économique précaire pour les médias», constate l'ONG qui fait aussi état des subventions et annonceurs qui fuient les titres, les stations et les chaînes critiques. 

«La culture d'une presse libre et indépendante peine à s'établir, y compris en ligne où le Gabon a rejoint la longue liste des pays cybercenseurs en coupant internet en marge d'une tentative de coup d'État», ajoute RSF.

La deuxième raison évoquée est le Code de la communication en vigueur depuis 2016. Ce texte, indique RSF, présente caractère autoritaires qui enfreint à la liberté de la presse au Gabon.  

«Le code de la communication de 2016, s’il dépénalise les délits de presse, prévoit des mesures d’encadrement autoritaires concernant non seulement la presse, mais aussi toute la production audiovisuelle, écrite, numérique», juge RSF sans pour autant faire mention de nombreux dérapages de bien de médias qui ne respectent pas souvent l'éthique et la déontologie du métier, exercé par beaucoup de personnes peu formées.

La dégringolade du Gabon dans ce classement mondial interpelle d’autant plus que, après avoir occupé la 98ème place  en 2014,  le Gabon était remonté au 95ème rang mondial en 2015, avant de renouer avec la chute notamment à la 100ème  en 2016.

Stéphane NGUEMA
 


 

RECHERCHE DE L'ACTUALITÉ

Entrez un mot-clé pour rechercher les actualités passées

LA RADIO AGP

CONVERTISSEUR DE DEVISES

VOTE EN LIGNE

Aimez-vous ce nouveau site de l'AGP?

Résultat

MÉTÉO

LIBREVILLE MÉTÉO

RETROUVEZ L'AGP SUR FACEBOOK

Nos Parternaires