Interview

''Mon rêve est de voir un gabonais remporter une compétition internationale organisée au Gabon'' (Ali Bongo Ondimba)

02-07-2018

C'est le rêve caressé par le Chef de l'Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, un inconditionnel supporteur du sport. Dans cette interview accordée à l'Agence gabonaise de presse (AGP), au terme de la 2e édition du 10 KM de Port-Gentil, l'Exécutif gabonais, a donné les raisons, pour lesquelles, son pays organise les compétitions sportives internationales. Conscient que le Sports gabonais n'apporte pas les résultats escomptés, en dépit des sommes colossales octroyées, depuis 2009, date de son accession au sommet de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, s'est également adressé aux présidents des fédérations qui ont fait des structures sportives leurs titres fonciers avec des résultats et des bilans négatifs. Pour lui, ces derniers qui ont échoué doivent passer la main à une nouvelle gestion.  

Agence Gabonaise de Presse : En organisant les grands événements sportifs, notamment, le Marathon du Gabon et le 10 KM de Port-Gentil, quelles sont les raisons qui motivent l'Etat gabonais à le faire, quand on sait qu'au final les premières places reviennent toujours aux athlètes venus d'ailleurs et non aux nationaux ?

Ali Bongo Ondimba: «En organisant ces grands évènements sportifs,  comme je ne cesse de le dire, le but est de démontrer au monde que notre pays le Gabon, est une terre de sport et nous venons encore de le démontrer avec l'organisation du 10 KM de Port-Gentil qui  a groupé plus 7140 participants . Ces compétitions ont aussi pour but, de  susciter des vocations  auprès de la jeunesse  gabonaise très passionnée par le sport».

Outre le fait de susciter des vocations, quel est le message que l'Etat gabonais veut faire passer  à travers ces grands rendez-vous sportifs ? 

«Notre message est clair, faire du Gabon une grande nation de sports, par l'occasion nous voulons encourager les Gabonais à pratiquer le sport, très important pour le corps humain. L'année prochaine, j'espère que nous aurons sur la ligne de départ, une délégation des journalistes, cela ajoutera une touche particulière à la compétition (sourire)».

Vous-avez donné le coup d'envoi de cette course internationale et procédé également à la remise des trophées aux coureurs professionnels, selon vous, quelle était la particularité de cette 2e édition du 10 KM de POG ?

«Contrairement à la première édition, j'étais très heureux de voir les femmes et nos mamans prendre la ligne de départ. Cette année, 2428 femmes ont pris part à cette course pédestre. Et oui, c'est également le but visé par le 10 KM de Port-Gentil. En plus de l'intérêt des personnes adultes, cette course devient de plus en plus disputée. Pour cette deuxième édition, nous avons eu la participation des athlètes internationaux confirmés qui se bousculent désormais au portail pour prendre part à cette course, comme c'est le cas avec le Marathon du Gabon».

Vous voulez que les gabonais puissent pratiquer le sport en général, mais les coureurs confirmés de notre pays qui ont pris part à cette compétition, ne cessent de se plaindre de la situation léthargique dans laquelle se trouve la Fédération gabonaise d'athlétisme inexistante sur le terrain depuis des années. Il n'y a-t-il pas urgence, aujourd'hui, de prendre à bras le corps le problème de l'athlétisme gabonais ?

«Les problèmes au sein des fédérations sont à prendre avec beaucoup de prudence et de tact, ceci pour éviter des ingérences. Pour le cas de la fédération gabonaise d'athlétisme, nous devons initier des dialogues avec l'instance faitière, car c'est elle qui gère la fédération gabonaise d'athlétisme. Il y a un dialogue  que nous devons instituer avec elle, et le ministre des Sports a déjà des indications très précises dans ce sens».

Et quelles sont les orientations que vous-avez données au ministre d'Etat, en charge du Sport?

«Au nombre des indications données au ministre des Sports, il y a notamment, le développement  des épreuves et l'organisation des compétitions sportives dans notre pays et celles-ci devront être mieux encadrées avec des personnes dévouées à la tâche et passionnées du Sports».

Ces différents projets peuvent-ils prospérer avec des fédérations parfois quasi-inexistantes sur le terrain, ayant à leurs têtes des présidents fédéraux véreux qui accordent peu d'intérêt aux athlètes comme c'est le cas avec la fédération d'athlétisme ?

«Il est clair qu'aujourd'hui nous voulons des fédérations qui s'occupent beaucoup plus des athlètes et capables d'organiser assez de compétitions. C'est ce que nous voulons voir. Je pense que nous avons pu démontrer la capacité qui est la nôtre, à pouvoir organiser un certain nombre de manifestations sportives de haut niveau avec les participations  des athlètes venus de divers horizons et des records qui parlent d'eux-mêmes. Je pense que ce sont tous ces atouts qui permettent à nos jeunes compétitions d'avoir rapidement le label des fédérations internationales. Ce qui illustre parfaitement la capacité et la volonté qui est la nôtre dans l'organisation des grands événements sportifs».

Quel est le rêve qui vous tient à cœur, avec l'organisation des joutes  internationales ?

«L'expertise du Gabon dans l'organisation des grandes joutes sportives est désormais reconnue à travers le continent. A travers cette capacité, nous voulons maintenant voir les athlètes gabonais à plus de participations aux compétitions sportives organisées localement et les remporter. C'est mon rêve aujourd'hui. Et c'est la raison pour laquelle, j'encourage les personnes qui organisent ce genre d'événement. Au travers de tout cela, nous espérons voir les gabonais mener et remporter ce genre d'épreuve. C'est le rêve qui me tiens à cœur aujourd’hui».

Depuis que vous êtes à la tête de la nation (il est arrivé au pouvoir en 2009 et réélu en  2016 : ndlr),  vous ne cessez d'injecter des fortes sommes d'argent pour le développement du sport. A ce jour, vous comme nous, nous  constatons l'absence des résultats escomptés dans ce sens, ce qui  prouve à suffisance qu'il y a problème à un certain niveau de la chaîne. N'est-il pas nécessaire aujourd'hui, d'organiser les états généraux du sport afin de repenser le mouvement sportif gabonais ?

«Nous avons déjà organisé beaucoup d'états généraux avec en prime des belles recommandations après plus rien. Je suis aujourd'hui dans le concret. Moins de parole, plus d'actes et plus de concret».

Alors que  proposez-vous pour que le sport gabonais décolle afin qu'il réponde aux attentes du peuple gabonais et  aux ambitions des autorités que vous-êtes ?

«Nous  savons très bien ce qu'il faut faire. Il faut simplement que les uns et les autres s'y mettent et que ceux qui ne remplissent pas les cahiers de charges laissent la place aux autres. Aujourd'hui nous devons nous poser des questions suite au fonctionnement de certains présidents fédéraux qui sont à la tête des fédérations depuis décennies et sans résultats. Malgré cela, ils restent toujours aux commandes, ce qui montre qu'il y a problème. C'est la raison pour laquelle, je m'attache désormais au concret, aux actions concrètes, au profil du peuple gabonais pour le sport pour tous. Pour les élites, c'est-à-dire des compétiteurs, il nous faut des médailles. C'est ainsi qu'on va mesurer si nous sommes sérieux ou pas. Le tourisme sportif c'est bien, mais il serait encore mieux que nous puissions remporter un certain nombre de médailles. Si d'autres le font, pourquoi pas nous ?».

Propos recueillis par Kennedy Ondo Mba/Fanch Sterley Saya


 

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